Casamance : Les combattants du MFDC condamnent et parlent de trahison de la lutte après la signature de paix illusoire à Bissau
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Bissau, le 23 février 2025. Une date qui reste gravée dans l’histoire comme un nouveau chapitre de la trahison orchestrée contre le peuple casamançais. Sous les ors du palais présidentiel guinéen, Umaro Sissoco Embalò, en maître de cérémonie autoproclamé, a présidé à la signature d’un prétendu « accord de paix » entre le Sénégal, représenté par son Premier ministre Ousmane Sonko, et une poignée d’individus se revendiquant du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC). Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas la paix qui a été signée ce jour-là, c’est une capitulation déguisée, un affront à plus de sept décennies de lutte pour l’indépendance de la Casamance.
Le communiqué des Forces combattantes réunies Atika du MFDC, publié dès le lendemain, tonne comme un coup de semonce dans cette mascarade diplomatique. Ces véritables gardiens de la cause casamançaise, fidèles à l’héritage de figures légendaires comme Augustin Diamacoune Senghor, Fodé Kaba Doumbouya ou Aline Sitowé, dénoncent avec une clarté implacable l’illégitimité de cet accord. Qui sont ces signataires ? Des « ex-combattants insignifiants », selon les termes du Maquis Unifié, des opportunistes ayant déserté le maquis dès 2017 pour monnayer leur reddition. Ces individus, déjà compromis par un premier acte de forfaiture en 2022, n’ont aucun mandat, aucune légitimité pour parler au nom du MFDC, dont la branche politique est seule habilitée à négocier, conformément aux statuts du mouvement fondé en 1947.
Ce pseudo-accord n’est rien d’autre qu’une tentative cynique de Dakar et de ses alliés régionaux pour briser la résistance casamançaise. Ousmane Sonko, malgré ses origines casamançaises et son aura de « fils du pays« , se révèle ici comme un instrument docile du pouvoir central sénégalais, sacrifiant l’aspiration à l’autodétermination sur l’autel d’une paix factice. Quant à Umaro Sissoco Embalò, il joue le rôle du facilitateur complaisant, offrant à Bissau un théâtre où la souveraineté d’un peuple est bradée sous les applaudissements de la communauté internationale.
Les Forces combattantes Atika ne se contentent pas de condamner : elles promettent une riposte. De Diogué à la Falémé, du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est, ils réaffirment leur détermination à porter le fer contre « les ennemis de la Casamance« , ces forces qui, depuis l’annexion de 1960, ont semé la désolation dans une région autrefois prospère. Loin de plier, le MFDC unifié appelle à une lutte de libération coordonnée, une guerre de libération qui transcende les divisions internes savamment entretenues par Dakar pour affaiblir le mouvement.
Et que dire des populations civiles, ces milliers de Casamançais déplacés, expropriés, terrorisés par une administration coloniale et une armée brutale ? L’accord de Bissau leur promet une vague « réinsertion » et un retour sous le joug sénégalais, mais rien sur la justice, rien sur l’indépendance, rien sur la reconnaissance de leur droit inaliénable à disposer d’eux-mêmes. Les palmiers de la Casamance, symbole de résilience, ne fleuriront pas sous occupation.
Cet accord n’est pas une paix, c’est une humiliation. Une haute trahison, comme le criment les combattants d’Atika, qui ne restent pas impunie. Le peuple de Moussa et Alfa Molo Baldé, de Sihalébé et de Victor Diatta, ne se laissera pas réduire au silence par des signatures illégitimes. La lutte continue, plus vive que jamais, car la Casamance ne se rendra pas. Invicta Félix ! Que le monde entend ce cri : la liberté ne se négocie pas, elle se conquiert.
Emile Tendeng
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