Etats-Unis : Trump relance la guerre commerciale

Le président Donald Trump a une nouvelle fois secoué l’échiquier économique mondial en annonçant, mercredi, l’imposition de droits de douane d’au moins 10 % sur l’ensemble des importations aux États-Unis. Cette mesure, qui entrera en vigueur dans les prochaines semaines, s’accompagne de taux encore plus élevés ciblant des dizaines de pays, y comprenant certains des principaux partenaires commerciaux de Washington. Une décision qui marque un retour en force de sa politique protectionniste, signature de son premier mandat et désormais amplifiée depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.
Pour les républicains, cette offensive tarifaire est une réponse musclée aux déséquilibres commerciaux que les États-Unis subissent depuis des décennies. « Nous ne pouvons plus laisser nos travailleurs et nos industries être pillés par des nations qui trichent avec des subventions et des pratiques déloyales », a déclaré Trump lors d’une allocution depuis le Bureau ovale. Le président, fidèle à sa doctrine « America First », promet que ces mesures protégeront les emplois américains, notamment dans les secteurs de l’acier, de l’automobile et de l’agriculture, tout en renflouant les caisses de l’État grâce aux recettes douanières.
Mais cette annonce ne fait pas l’unanimité, même au sein du camp conservateur. Si les partisans de Trump saluent une stratégie audacieuse pour rééquilibrer la balance commerciale – les États-Unis affichent un déficit chronique de plusieurs centaines de milliards de dollars –, d’autres voix républicaines, plus attachées au libre-échange, s’inquiètent des répercussions. Les hausses de prix pour les consommateurs américains, dépendants des produits importés comme l’électronique ou les vêtements, pourraient alimenter l’inflation, un sujet politiquement sensé. Sans oublier les représailles quasi certains des partenaires visés, comme la Chine, l’Union européenne ou le Canada, qui avaient déjà riposté lors des précédents salves tarifaires de Trump.
À l’international, les réactions ne se font pas attendre. Pékin a déclaré une « provocation économique », tandis que Bruxelles promet une réponse « proportionnée mais ferme ». Ces tensions ravivent le spectre d’une guerre commerciale tous azimuts, un scénario que Trump semble prêt à assumer. « Si les autres pays veulent jouer, qu’ils viennent. Nous avons les meilleures cartes en main », a-t-il lancé, confiant dans la résilience de l’économie américaine.
Pour les républicains traditionalistes, cette politique est une arme à double tranchant. Elle renforce l’image d’un président qui tient ses promesses envers la base ouvrière qui l’a portée au pouvoir, mais elle risque aussi d’aliéner les milieux d’affaires et les agriculteurs, déjà échaudés par les perturbations des chaînes d’approvisionnement lors de son premier mandat. Les exportateurs américains, notamment dans le Midwest, pourraient payer le prix fort si les partenaires commerciaux fermentent leurs marchés en retour.
En définitive, Donald Trump joue gros avec cette nouvelle escalade. À l’heure où l’Amérique cherche à retrouver sa grandeur, selon son slogan fétiche, le président met sur une stratégie de choc pour imposer sa vision. Reste à savoir si ce pari audacieux renforcera la souveraineté économique des États-Unis ou s’il précipitera le pays dans une spirale de conflits commerciaux dont personne ne sortira gagnant. Une chose est sûre : le monde retient son souffle.
Cathy Manga
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