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Niger : libération d’anciens responsables politiques et militaires dans le cadre des assises nationales

Niger : libération d’anciens responsables politiques et militaires dans le cadre des assises nationales

La junte au pouvoir au Niger a annoncé, mardi, la libération d’une cinquantaine de personnes, dont d’anciens ministres du gouvernement renversé lors du coup d’État de 2023. Cette décision s’inscrit dans les recommandations des assises nationales tenues en février, qui ont également validé une prolongation du mandat des autorités militaires pour une durée minimale de cinq ans.

Parmi les personnes libérées figurent d’anciens ministres, des responsables politiques, un ex-ambassadeur, un journaliste ainsi que des militaires accusés de tentatives de coup d’État dans les années 2010. Cependant, l’ancien président Mohamed Bazoum, destitué lors du putsch, reste en détention.

Une libération conforme aux recommandations des assises nationales

Dans un communiqué diffusé à la télévision publique, le secrétariat général du gouvernement a précisé que ces libérations étaient effectuées « conformément aux recommandations des assises nationales pour la refondation ». Parmi les anciens ministres concernés se trouvent Mahamane Sani Issoufou (Pétrole), fils de l’ex-président Mahamadou Issoufou (2011-2021), Kalla Moutari (Défense), Ahmed Djidoud (Finances) et Ibrahim Yacoubou (Énergie).

D’autres personnalités, comme Foumakoye Gado, président du PNDS (ancien parti au pouvoir), le journaliste Ousmane Toudou et l’ex-ambassadeur au Nigeria, Alat Mogaskia, ont également été remis en liberté. Ces personnes avaient été arrêtées après le coup d’État qui a porté le général Abdourahamane Tiani, ancien chef de la garde présidentielle, à la tête du pays. Elles étaient détenues pour des accusations de « complot contre la sûreté de l’État ».

Des libérations incluant d’anciens militaires condamnés

La mesure de clémence s’étend également à des militaires condamnés dans le passé pour des tentatives de coup d’État, dont le général Salou Souleymane, ancien chef d’état-major des armées, et trois autres officiers. Ces derniers avaient été condamnés en 2018 à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison pour une tentative de renversement du président Mahamadou Issoufou en 2015.

En revanche, l’ancien président Mohamed Bazoum reste incarcéré, son immunité ayant été levée sans qu’une date de procès n’ait été fixée.

Une orientation vers la « réconciliation nationale »

Les assises nationales de février ont renforcé la position de la junte, en entérinant le maintien du général Tiani au pouvoir pour les cinq prochaines années. Ces consultations ont également abouti à la dissolution des partis politiques.

Lors de sa proclamation en tant que président de la République la semaine dernière, le chef de la junte a réaffirmé son engagement en faveur du « pardon et de la réconciliation entre Nigériens », tout en soulignant que cette démarche devait se concilier avec « les aspirations légitimes des Nigériens à la justice ».

Un réalignement géopolitique marqué

Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités nigériennes ont adopté une politique souverainiste, rompant leurs relations avec la France, expulsant les troupes françaises et américaines engagées dans la lutte antijihadiste, et quittant des organisations comme la Francophonie et la CEDEAO.

Le Niger s’est rapproché de ses voisins, le Burkina Faso et le Mali, également dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État. Ensemble, ils ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES) et renforcé leurs liens avec la Russie. Les ministres des Affaires étrangères des trois pays doivent d’ailleurs se rendre à Moscou cette semaine pour des consultations avec leur homologue russe, Sergueï Lavrov.

Des défis sécuritaires persistants

Malgré les engagements des régimes militaires à rétablir la sécurité, les attaques jihadistes se poursuivent. Le 21 mars dernier, une attaque dans le sud-ouest du Niger a coûté la vie à 44 civils dans une mosquée, rappelant l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le pays reste confronté.
Cette libération massive intervient dans un contexte politique et sécuritaire complexe, où la junte cherche à consolider son pouvoir tout en promettant une transition vers une stabilité nationale.

Saliou Cissé

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